Partager l'article ! Des livres froids et chauds ?: l y a quelques semaines, j'ai relu l'ouvrage de M. Mc Luhan, Pour comprendre les medias et je me suis demandé ...
De l'écriture, des médias, de petit pas et d'obstinations diverses
l y a quelques semaines, j'ai relu l'ouvrage de M. Mc Luhan, Pour
comprendre les medias et je me suis demandé dans quelle mesure son classement était pertinent pour le livre.
Certains livres sont chauds, c'est évident. L'Homme sans qualités brûle, Notre-Dame de Paris calcine et que dire sur les Zola et autres Alexandre Dumas...
Mais Sécheresse, du regretté Jim Ballard, qui s'agite à peine dans son monde de sable, me semble bien froid. Bien froid, comme les aimaient Mc Luhan, c'est-à-dire bien évocateurs. On passe de la peur à la mélancolie en suivant le cours des pages desséchées du monde apocalyptique que nous a bâti cet anglais fécond. Je prétends qu'on fait avec lui un voyage intérieur qui recense nos doutes dans un ébranlement peu fait pour les lecteurs amateurs de compréhension mâchée, de voyages tout compris. Ballard souffle sur nos emprises personnelles et nos dérives technologiques et sociétales.
Ce livre est une invite à s'interroger, où plutôt, à méditer avec une âme d'enfant ou de chercheur sur le futur de notre monde intérieur et extérieur. Et il serait "chaud" selon vous, mister Mc Luhan ?...Je ne le crois pas.
Je pourrai aussi citer le petit livre par le nombre de pages que nous laisse Albert Cohen, Le livre de ma mère. Impossible de n'être que deux doigts tournant les pages sous un oeil impavide, face à ces lignes qui appellent nos sentiments, nos parentés, nos aimées.
Je m'aperçois que concernant les livres "froids" je n'ai cité que des auteurs anciens et me demande s'il n'y aurait pas une tendance, au travers de cette différence temporelle. Je m'explique.
Ballard, comme Cohen suscitent une participation active, me semble-t-il, par une économie de moyens - surtout Ballard, Cohen étant moins bien choisi d'autant qu'avec Belle du Seigneur, il tire quand même très fort du côté de la profusion des bâtisseurs de monde comme Hugo - et j'y devine peut-être une tendance, ou du moins une relation avec l'évolution du roman.
Le livre "chaud" appartiendrait au roman qui imite le monde, mené par son narrateur omnisicient, et ce serait du côté du récit psychologique et/ou postmoderne - je ne suis pas très au fait des définitions et classement comme le sont les théoriciens purs et durs de la littérature, mais j'espère que chacun comprend ce que j'avance - qu'il faudrait trouver la littérature "froide".
Ce qui amène des questions sur lesquelles je reviendrai, peut-être.
Derniers Commentaires