Partager l'article ! Au-delà des fleurs séchées: uand on débarque par hasard, ou à l'issue d'une fausse manip dans la barre de navigation alors qu'on voulait ...
De l'écriture, des médias, de petit pas et d'obstinations diverses
uand on débarque par hasard, ou à l'issue
d'une fausse manip dans la barre de navigation alors qu'on voulait aller marchander quelque objet sur e-bée, on a toutes les chances de tomber sur une page de pub. Raté.
Pas de colonne à droite ou à gauche, juste une porte, plein écran. Le bois sombre, semé de clous, semblait de taille à opposer une fin de non-recevoir à n'importe quel envahisseur. Une leur émanait de sous la massive barrière. Diffuse mais bien présente, comme si quelque clarté inconnue baignait cet autre monde au-delà. Une spirale faisait office de poignée.
J'ai poussé la porte. La page, le blog, l'écran lui-même se sont agrandis, j'en jurerais.
Une clairière est apparue. Pas de musique à l'horizon contrairement à ce que j'attendais. La lumière ridiculisait ce qu'on qualifie ordinairement de lumière, sans être éblouissante cependant. Elle aurait pu saluer le premier jour du monde, pour ce que j'en sais. L'herbe, et c'était la moindre de ses qualités, donnait une couleur à l'enfance en campagne. Des fleurs ondulaient sous un vent soigneusement délivré pour elles seules. Elles n'avaient rien de véritable, mon doigt sur quelque écran l'aurait confirmé à regret.
J'ai avancé encore à pas lents, il me semble. Il faisait un soleil à tomber par terre, rayer les vitres ou muter tous les passants en Paul Lafargue. Je crois bien que je ne voyais pas de limites à cet espace. Qui aurait bien pu espérer la fin d'un tel havre ? Je me sentais présent comme si l'existence venait de m'être donné. L'air portait quelque senteur inspirée par la menthe et l'iode. Un battement s'est levé dans le silence, celui d'un cœur amoureux n'aurait pas fait mieux.
Abandonnant mes préventions, j'ai respiré à plein poumons. Pour évidemment cracher ma vingtième Camel, coincée entre laryngite et métastases. Le battement s'amplifiait, délicatement majestueux. Mon souffle l'a suivi, reconnaissant la promesse des beaux jours. Marcher, écouter, respirer. Écouter, respirer, marcher.
J'ai fait demi-tour je ne sais quand. Faut-il confesser que trop de bonheur à la fois peut effrayer les âmes meurtries aux angles du béton ?...Un peu plus tard, je me suis levé comme un paralytique dans la piscine sacrée. Incontestablement, quelque chose s'était délié en moi. Une chrysalide avait déposé les armes pour me laisser plus grand, plus léger de quelques jours, quelques mois peut-être.
Sans doute ai-je dormi mais je n'en ai pas souvenir, en cette nuit traversée de lumière. Le lendemain, puisque le sort ne prend son malin plaisir qu'à frapper les innocents, mon PC a affiché un écran bleu comme de mortifères prédictions.
La boutique informatique du coin m’annonça que ma bécane avait cédé sous une vilaine vérole. Une semaine à attendre et je ne l'avais pas glissé dans mes favoris. En rentrant, je sentais déjà quelques fleurs séchées tomber en moi.
http://secondsouffle.pa...s.com. Il ne me manque quelques lettres.
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